| TRIP KITE MAURICE
2005
Texte : Harold Quinquis et Stef
Fournet
L’Hiver austral sur une perle Fragile de l’Océan
Indien
Présentation Maurice :
Au carrefour de l'Afrique et de l’Asie, l’ancienne « Ile
de France », située dans l’archipel
des Mascareignes, connaît un essor économique
inégal. Créée, selon la légende,
par des géants mythiques qui sculptèrent le
basalte, sa nature est à présent plus familière
que sauvage. La terre est en grande partie cultivée,
notamment par des exploitations de canne à sucre.
Vu d’avion l’île est vraiment superbe,
avec de magnifiques plages de sable blanc et des lagons turquoise,
protégés des fortes houles par des récifs
coralliens.
Aujourd’hui mosaïque colorée de peuples
et de cultures, « la terre de Paul et Virginie » vibre
gaiement sous le rythme du sega.
Notre
cadre de vie :
Il est vrai que Hervé, Stéphane
ou moi avons souvent été habitués à des
conditions rudes d’existence lors de nos précédentes
expéditions autour du globe ; mais pour une fois
nous n’auront pas à lutter pour survivre dans
un environnement hostile. Bien au contraire …Nous
logerons à L’Indian Resort, planté à même
la plage du spot du Morne, face au line up. L’hôtel
est vraiment magnifique et le personnel d’une gentillesse
infinie. Nous avons à notre disposition trois piscines,
spa haut de gamme et salle de sport. Même si ce luxe
nous gène un peu au début, nous prenons rapidement
des habitudes et des goûts fastueux … Avec un
peu d’abnégation et de courage, on s’habitue à tout
me direz vous ! Chaque matin une montagne de pancakes
tout chauds nous attend et chaque soir, un buffet exotique
changeant nous est servi, dans la grande salle décorée
d’étoffes multicolores. Dans ces conditions
optimales, ne nous pouvons qu’être frais et dispo
pour affronter l’œil de la déferlante.
Le
spot :
Si il existe un spot parfait pour le kitesurf, il ressemble
sans doute énormément au plan d’eau
du Morne. On peut dire qu’ici, tous les ingrédients
sont réunis pour permettre à chacun de s’exprimer à son
niveau mais surtout de se dépasser. Première
donnée essentielle, le vent balaye l’île
avec une constance et une consistance rare, pendant une
grande partie de l’hiver austral. Que vous vous considériez
débutant, confirmé ou professionnel, vous
trouverez ici matière à vous faire plaisir
et vous exprimer. Que vous soyez en manque de plans d’eau
parfaitement glassy ou en quête de vagues tubulaires,
vous serez immanquablement comblés.
En effet le spot se compose d’un immense lagon turquoise
qui, à certaines heures de la journée, prend
des couleurs que je n’avais encore jamais observé auparavant,
même sur les plus beaux spots de la Caraïbe. C’est
le terrain de jeu idéal pour répéter
et enrichir sa panoplie tricks de free style. Le vent s’oriente
en général side/side off shore dans la matinée.
L’eau est alors parfaitement lisse au ras du bord,
notamment sur la partie droite du plan d’eau. Cette
configuration idéale vous permet donc de venir prendre
votre appel à quelques mètres du sable, sans
risque, puisque inéluctablement la traction vous pousse
vers le large : enfin un endroit où il est possible
de frimer devant les copines, en toute sécurité.
Il convient cependant d’émettre quelques réserves à ce
tableau un peu trop idyllique : à marée haute
et par vent fort, le plan d’eau peut avoir tendance à devenir
assez « choppy » (clapoteux) ce qui
est relativement gênant pour les appels de sauts et
qui vous oblige en permanence à jouer du ressort avec
les cuisses pour amortir ce champ de mines… enfin
bon c’est pas pire qu’ailleurs ! Ma deuxième
réserve, qui sera plus une mise en garde, concerne
la faible profondeur à marée basse. Certes
le lagon est alors lisse comme un billard, mais à certains
endroits il devient très peu profond. Prudence donc
car quelques-uns un ont déjà payé au
prix fort leur audace dans si peu d’eau.
En ce qui concerne les vagues, là aussi il y a largement
de quoi faire au Morne. Tout d’abord, pour vous « mettre
en bouche », de jolies « vagounettes » déferlent
en permanence dans la passe face à la plage ;
elles rentrent même parfois dans le lagon. Ces séduisantes
ondulations sont parfaites pour peaufiner, en toute sécurité,
les enchaînements bottom turn/off the lip ou pour affiner
la précision du timing entre les mouvements d’aile
et les courbes. Elles peuvent également offrir de
super tremplins à celui qui désire se satelliser
vraiment. Attention quand même, car dès que
la houle est un peu consistante, la passe se transforme en
un véritable aspirateur qui draine violemment vers
le large tout ce qui s’y trouve. Une fois que vous êtes
réellement rompus à ces petits amuse-gueule,
et si vous en voulez plus, vous pourrez peut être vous
frotter aux vagues, les vraies, celles qui déroulent
sur le reef à fleur d’eau. Sans être réellement
exhaustif, on peut dénombrer trois vagues sur le spot
: Manawa, Chameau et surtout la célèbre One
Eye. Pour la petite histoire, dans le temps, il fallait paraît
il marcher énormément, puis franchir une porte
gardée par un borgne antipathique, avant d’atteindre
la mer … d’où le nom « un
oeil » de cette vague. D’autres diront simplement
que la vague a été baptisée ainsi en
référence à la montagne qui surplombe
les lieux et dont une excroissance rocheuse reproduit traits
pour traits un visage humain de profil : comble de la
singularité, à l’emplacement exacte de
l’œil, la montagne est percée de part
en part, laissant passer un rayon lumière ! D’une
manière générale, que ce soit Manawa,
Chameau ou One Eye, les vagues du Morne sont réservées
aux experts car elles sont rapides et puissantes … bref
très (trop ?) dangereuses pour le profane. De
plus, expert ou pas, à la moindre avarie vous serez
seul, loin du bord, avec un vent qui continue de vous pousser
vers le large. Et si vous n’avez vraiment pas de chance, « des êtres
venus d’en bas » viendront éventuellement
vous rendre une petite visite de courtoisie. La plus grande
prudence est donc de rigueur pour flirter avec ces joyaux
dont la perfection et la beauté n’ont d’égale
que leur radicalité !
L’île comporte bien d’autres spots et
ce serait une grosse erreur que de rester à attendre
le vent sur la cote ouest … et oui ! en fin de
front froid les alizés s’orientent à l’est.
Les spots de Mahebourg, Blue Bay et Pointe D’Esny sont
ainsi de parfaits plans d’eau pour rider sur des émeraudes,
au-dessus d’un jardin de corail unique au monde.
A
l’occasion d’un week-end, toute l’équipe
s’est donc retrouvée pour la « Shandrani
North Cup », longue distance mythique entre la
Pointe D’esny et L’île aux Cerfs ,
rendue célèbre en windsurf par Arnaud et Joel
de Rosnay : 25 kms de pure glisse. Au menu, découverte
de l’Ile aux phares, de l’Ile aux Aigrettes,
et du sanctuaire de la « Mauritius Wildlife Foundation »,
Cette vaste baie abrita d’ailleurs, il y a fort longtemps,
les frégates françaises venues conquérir
l’Ile Maurice ; ils la nommèrent à l’époque
l’Ile de France !
Dans
l’est on dénombre également quelques
spots très sympas, mais notre coup de cœur restera
les Baies du Nord avec le Cap Malheureux et son lagon sécurisé.
Notre ami Nico Kux, pionnier et « géo-trouve
tout » du kite à Maurice a compris le potentiel
de la zone en y montant dès 2000 une école.
Les principaux acteurs de cet hiver austral 2005:
Hervé est arrivé avec quelques jours d’avance
sur nous et il a déjà eu le temps de prendre
ses marques sur le reef. Même s’il s’illustre
encore sur bon nombre de compétitions de free style,
Hervé s’est depuis toujours laissé guider
par son attirance pour les vagues. Ceci l’a poussé à écumer
tous les spots de la planète en quête des trains
de houle les plus massifs. Bien évidemment très à l’aise
avec son twin-tip, il excelle désormais également
dans le wave riding en directionnelle. A le voir surfer avec
cet engin développé spécialement pour
déchirer le swell, on prend conscience que c’est
bien l’arme fatale du surfeur en kite. Les courbes
sont plus précises, les rollers plus appuyés,
les enchaînement réellement plus harmonieux
qu’avec une board bidirectionnelle. Hervé m’a
chaque jour impressionné un peu plus. Au fur et à mesure
que nous apprivoisions toutes ces gauches, il prenait de
l’assurance et chargeait toujours plus « fat »,
frappait la lève bien par en dessous avec un puissance
vraiment inouïe. « El maestro » a
fait parler la poudre à Maurice !
Laurent
Lebolloc et Patrick Desvaux sont associés
sur l’île pour l’importation du matériel
North. Ils connaissent la vague par cœur, la lisent
et l’exploitent réellement. Par rapport à nous,
ils peuvent vraiment anticiper sur le profil évolutif
de l’onde, discerner la section qui va fermer et s’en écarter,
de celle qui ouvre pour la traumatiser alors d’un off
the lip d’un autre monde.
Eux aussi rident sur des directionnelles
qu’ils se
font shaper spécialement à Hawaï par Amundson,
le gourou de North. Depuis que j’ai vu ce que j’ai
vu à l’eau, je leur voue un profond respect.
Pascal
est un des rideurs les plus discrets de l’île.
Très réservé à terre, il ne se
révèle vraiment qu’en chevauchant de
gros sets. Normalement, il arrive chaque jour relativement
tard sur le spot, dans sa petite chemise légère
mais très classe : En gros il sort du boulot !
Vite il enfile un board short, gonfle son aile, attrape son
mutant et trace direct vers le reef sans se retourner. Si
vous voyer un jour Pascal surfer, vous serez immanquablement
estomaqués par ses prises de carre agressives. Au
bottom, il se couche littéralement dans la courbe,
bras tendu à la Vitelli, le regard fixé vers
la lèvre qui va « jeter en avant » puis
il remonte « à midi » placer
son off the lip explosif très haut sur la vague, pour
redescendre enfin avec un gros paquet d’écume.
Pascal est sans hésitation celui que j’ai vu
le plus « à l’intérieur » durant
notre séjour … « Big up » man,
pour ta gentillesse, ton calme olympien à terre et
ta manière parfaite de rider ta vague. Tu es ce qu’on
appel un local, un vrai !
Sky
Solbach est à classer parmi les kitesurfeurs
star mais son accessibilité et sa simplicité sont
parfois déconcertantes … Sky n’est pas
la pour se prendre la tête, il veut juste naviguer,
toujours et encore, dès que les conditions sont là.
Sur les gauches de Maurice, ce regular footer est back side,
ce qui est donc en théorie plus technique que front
side. Plus technique ? Sûrement pas pour Sky !
Les rollers qu’il réalise sont à vous
couper le souffle. Je n’ose décemment pas imaginer
ce que ça doit donner sur des droites. N’est
pas professionnel qui veut, n’est ce pas !
Harold’eau (par Stéphane Fournet) . Harold
est un solide. Au bout de trois semaines, sur ce plan d’eau
ou il a du souvent ridé avec ses 9 mètres dans
les vents dépassant largement les 25 nœuds,
il a ainsi pu s’entraîner dur en free style :
kite loop et tous les handle pass aile basse « à la
sauce hardcore » font partis de ses armes favorites.
Dans les vagues, Harold est également très
incisif, il avait déjà eu l’occasion
de rider les vagues dans l’océan indien et il
a acquis un style de lecture qui fonctionne très bien
dans ses vagues rapides où il faut allier courbe pour
le placement et savoir aussi relancer une fois placée.
A Maurice, il nous a vraiment offert du beau surf !
Last
but not least, nous n’oublierons pas de saluer
et d’encourager le jeune Jérôme, soutenu
par North (comme c’est bizarre). Ce gamin fait partie
de la trempe des surdoués du kite, à qui aucun
tricks ne résistent. Kiteloop Handle pass, back mob,
down loop, j’en passe des meilleurs ! Son répertoire
n’a rien à envier aux pros des coupes du monde
et il est promis à un bel avenir s’il persiste
dans cette voie. Avec Jérôme, la relève
de l’île Maurice est assurée !
Spéciales dédicaces au petit kévin, à Nans « SDF »Laviolette,
JC, Ahmed, Francis, Augustin, Thierry et « Moins
15 » les boatman, Felix et Baba du Club Mistral,
sans oublier toute la super équipe des mauriciens.
En
somme l’île Maurice est un véritable
paradis du kitesurf. Vous pourrez y ressentir des vibrations
inoubliables : à terre, en visitant les superbes
sites, comme en prenant le temps de partager le quotidien
d’autochtones charmants, qui ne demandent d’ailleurs
que ça ; sur l’eau, en réalisant
sans doute quelques-unes une des meilleures sessions de votre
vie. Sachez que l’île regorge de spots encore
méconnus ; il ne tient qu’à vous
de partir à leur recherche. Une seule chose à ne
jamais oublier : le respect de ceux qui vivent et surf
là depuis bien longtemps. Gagnez leur confiance progressivement,
vous serez récompensés au centuple. Carpe Diem.
Superficie : 2 000
km2 (47x58)
Côtes : 177 km
Population : 1,2 M (Port Louis 150 000)
Langues : Français, Anglais, Créole
Mauricien
Change : 1 euros = 38 roupies Mauricienne (Rs)
Pour
y aller :
Le billet coûte relativement cher et il semble que
les meilleurs tarifs soient au départ de Paris .
Sachez qu’il est parfois judicieux de préférer
aux vols directs, l’itinéraire avec une escale à la
Réunion. Air Austral offre désormais des départs
de Lyon et Marseille.
Comptez globalement 800 euros avec Air Mauritius. Attention
aux surtaxes pour les housses de planches.
Pour
se Loger :
Hôtel Indian Resort
Le Morne
Tel 00 230 401 42 00
Fax : 00 230 450 40 11
Ecole
de Kite :
Club Mistral du Morne
Felix Nollman
Hotel Indian Resort
Tel 00 230 401 42 63
Ecole Sindbad de Nico Kux
Cap Malheureux
Tel 00230 262 88 36
Mauritius Kitesurf Paradise
Maud et Julien commercialisé par Sportaway
Tel 00 230 743 42 99
X Kiting
Tel 00 230 729 12 35
Boatmen :
Thierry
le boatman au Morne Tel 00 230 712 27 36, pour la surveillance
et votre sécurité à l’extérieur
du lagon. C’est l’ami des dauphins, il sait les
dénicher tous les matins. Un excellent pilote !
Jean
Francois dit moins quinze à Blue bay Tel 00
230 759 82 52
zanfrancois@yahoo.com
Mise
en ligne en 25/11/05
Voir
le Trip Maurice 2006 |