| Flysurf World Tour
1 :
« Enfin nos plus belles images »
Photos : Sylvain Cazenave
(Agence UMA Presse), Pierre Carreau, JJ Izambard
Video : Laurent Villani, Marc Migaud, Pierre
Carreau, (Montage Digital Vision)
Riders : Laurence Lignières, Julien
Sudrat, Richard Boudia, Harold Quinquis et Tom Sibon en Surf
Staff : Yves Pajot, Jérome Teillet
(et Laurent son second), Jean Luc Lefebvre
Texte : Benoît Roux, Laurence, Julien,
Richard et Harold
«
Voir le Teaser » (24 méga)
«
Voir le film 26 mn dans son intégralité »
(plus de 124 méga !)
Les coulisses du Flysurf World Tour N°1
Introduction
L’idée de relier la Martinique à l’archipel
de Los Roques (Vénézuela) via l’île
de Margarita et d’en faire un film, est né, il
y a déjà plus de deux ans, à la suite
d’une rencontre entre deux personnages originaires de
la baie de La Baule en Loire-Atlantique : Harold Quinquis
et Yves Pajot. Harold, vous le connaissez déjà
! Quant à Yves, champion olympique de Flying Deutshman
(dériveur) avec son frère Marc, on pourrait
le qualifier à juste titre de « bon vieux loup
de mer ». C’est un marin, un vrai, comme on peut
se les imaginer : taciturne, imperturbable face aux éléments
démontés. Il en a parcouru des miles nautiques
sur les mers du globe !
C’est donc lui, l’homme
de la situation qui mènera l’équipage
du « Tahiti 75 » Passion, un catamaran à
voile de 23 mètres, capable de fendre les eaux à
plus de 25 nœuds (50 km/h). En plus de sa vitesse, l’autre
énorme avantage de ce navire est son faible tirant
d’eau qui lui permet de naviguer en eau peu profonde
et d’explorer des centaines d’îles composant
l’immense lagon de Los Roques.
De plus, le vent comme énergie de propulsion, utilisée
dès que possible, est un gage de respect pour tous
les oiseaux et poissons qui peuplent la réserve naturelle.
Le casting
A deux, on est heureux mais plus on est de fous plus on rit.
En plus d’Harold, Laurence Lignières (gagnante
de l’étape KPWT 2003 en Nouvelle-Calédonie),
Julien Sudrat (champion du monde KPWT 2001) et Richard Boudia
(5ième du KPWT en 2001), viendront taquiner l’étrave
du bateau pendant les traversées.
Harold et Julien se connaissent depuis longtemps pour avoir
partagé le plan d’eau de La Baule dans leur tendre
enfance. En 2000 alors qu’ils usaient leurs fonds de
harnais sur les bancs du monitorat de kite, un gars les a
bien fait rigoler, il s’appelle Richard. Lors des compétitions
aux Antilles, ils se sont également liés d’amitié
avec une sirène répondant au prénom de
Laurence.
Pour magnifier le décor et arrêter
le temps, un des plus célèbres photographes
de surf a répondu présent : Monsieur Sylvain
Cazenave. !
On les entend de loin les mauvaises langues : « Super
le nouvel épisode de la croisière s’amuse.»…Attendez
de lire la suite.
Pas simple d’appareiller
!
Pour réaliser tel un pari, il faut une solide équipe
de production, un réalisateur, des cadreurs ainsi que
des partenaires capables de financer une telle entreprise.
Pas facile et bienvenu dans la jungle de la recherche de financements
! Plaquette de présentation, avalanches de coups de
téléphone, de mails, les kilomètres en
train et en voiture se succèdent pour vendre l’idée…La
Martinique est séduite, de même qu’une
boîte de production. A un mois du départ, panique
à bord, la boite de prod’ se désengage
car le projet semble trop ambitieux. Génial ! Le départ
avait été repoussé déjà
deux fois auparavant faute de budget suffisant. Mais Harold
et Yves sont des coriaces … ils ne conçoivent
pas repousser le départ une troisième fois.
C’est société « les films de l’estuaire
» qui remplace à la dernière minute les
frileux et donne le signal du départ.
Voilà enfin l’équipage
au complet : une femme et douze hommes, gonflés à
bloc pour chevauchés les 400 miles nautiques qui les
séparent de leur destination finale et en découdre
avec les éléments. Plus près de toi Ô
mon vent…
Cap sur Gran Roque
Un objectif : atteindre Los Roques le plus rapidement possible
pour profiter au maximum du cadre idyllique pour travailler.
Eh oui, le film doit être dans la boîte à
la fin du séjour. L’aller est cadencé
par les sessions de pêche. Le vent joue un peu à
cache-cache, le skipper alterne voile et moteur. Gran Roque,
la seule île habitée de l’archipel, nous
fait des clins d’œil, le débarquement est
imminent. Premières impressions, premiers contacts
avec les lieux, il s’agit maintenant de concrétiser
le scénario. Un jour, le vent est idéal pour
un down wind : les riders vont défier le catamaran.
Le départ est lancé d’un îlot au
nom inconnu et l’arrivée est matérialisée
par une langue de sable reliant deux îles … à
25 miles sous le vent. La première moitié du
parcours donne l’avantage aux kiteboarders, ils sont
plus rapides et nargue l’embarcation en ralentissant
parfois. Yves et Jérome sont aux aguets car ils viennent
frôler le bateau, déclenchent des sauts dans
l’axe des étraves. Le catamaran trace sa route
sans broncher. La fatigue se fait sentir sur la fin du crossing,
les hommes et la machine sont à égalité.
Les navigations s’enchaînent
au rythme des clics du photographe, la pellicule défile
en permanence. Les prises de vues se font aussi bien dans
l’eau que sur terre ou bien perché en haut du
mât. Les riders passent, repassent devant les viseurs
et les objectifs. La lumière est parfaite, la prise
sera superbe. Arrgh, une traître rafale désarçonne
le rider. On recommence. Cela peut paraître laborieux
car la recherche de la perfection est sans limite, mais quand
la joie de naviguer est là, tout va.
Un retour bien arrosé
!
Il est temps de repartir. Quatre jours de navigation contre
vent et vagues sont au programme, les Alizés sont de
la partie et ils ont envie de jouer… en défaveur
des protagonistes. Une heure après le départ,
une première vague arrose copieux l’équipage.
Un détail : le bateau étant conçu pour
des voyages à la journée, il est totalement
dénué de confort et les nuits sur le pont sont
de rigueur, sinon ce sont les quarante degrés étouffants
à l’intérieur des coques, avec les moteurs
comme oreillers. On en était à la première
vague, suivi bien sûr de ses grandes sœurs ; «
alors au début on rigole en maillots de bains sur le
pont avec des masques et des tubas, mais après la première
nuit, détrempés, dans le froid, on fait moins
les malins !». L’océan force (le verbe
est faible) le respect et assaisonne sans relâche tout
l’équipage ! Plusieurs avaries inquiétantes
mettent les nerfs des voyageurs à rude épreuve
! Un des cadreurs succombe même à un mal de mer
terrifiant : quatre jours sans manger et sans boire, c’est
dur, très dur pour le moral. Il se retrouve prostré
à l’arrière du bateau pour se mettre à
l’abri ; mais les vagues continuent inlassablement leurs
caressent humides. Une nuit, il n’en peut plus et demande
même à ce qu’on le jette par-dessus bord
pour en finir, tellement il est mal « Terre ! Terre
! ».
Enfin au port…Epuisé mais
heureux tout le monde pose le pied sur le ponton. C’est
aussi ça le bateau : le bonheur de rentrer ! Une fois
bien reposés, les plus beaux souvenirs reviennent doucement
en mémoire, les moins agréables sont toujours
présent mais vite relégués au second
plan. Chacun songe déjà à repartir …
Laurence, Julien et Richard se souviennent
…
Evènements marquants
!
Julien
Le retour ! et notamment les premières heures de mer
car j’ai compris ce qui nous attendait par la suite.
En plus, nous sommes passés dans une zone militaire
vénézuélienne où sont effectués
des essais de tir sous-marin. J'étais un chouille inquiet.
La soirée de la veille m'avait rendu plus "fragile"
?
Richard
Je crois que je mettrais en avant le fait que l’on a
débuté ce trip dans le confort et le luxe le
plus abusif : hôtel de malade, petit buffet à
bord le premier jour, descente aux Roques sur une mer d'huile.
Puis, au fur et à mesure tout s’est dégradé
progressivement : nourriture à l’arrache (régime
nutella et raisin sec au retour), hygiène douteuse
de certain.
Laurence
Cannes à pêche, hameçons à gogo,
je me demandais si je ne m’étais pas trompé
de bateau car celui-ci ressemblait plus à une expédition
de patrons pêcheurs. Après deux jours de traversée
en plein océan sans la moindre touche, un tazard daigna
gober un de nos leurres juste avant d’atteindre Los
Roques et a fini en carpaccio dans nos estomacs vides.
Toujours dans le registre des poissons, je me suis quand même
retrouvée nez à nez, à 2 mètres
du bord, avec un beau petit requin ! Je n’ai jamais
nagé aussi vite pour rejoindre le bateau.
Emerveillement
Julien
Les folles sessions de pêche a la ligne, seul sur le
kayak. Dessous l'eau était noire et constellée
de poissons de toutes tailles, ça grouillait. A chaque
lancé des touches démoniaques. J'ai beaucoup
cassé car j’étais monté fin. Je
me souviens de cette bonite ! J'ai bien mis 15 minutes à
la sortir de l’eau.
Richard
La faune aux Roques était incroyable avec ses milliers
de pélicans et les eaux poissonneuses. C’était
vraiment magique de naviguer sur tous ces spots aux eaux cristallines
avec toute cette vie autour de nous. Le bateau nous a servi
de camping-car pour nous amener d’un mouillage à
un autre. J’étais envoûté.
Laurence
Voir tous ces hommes prendre « leur douche »…Plus
sérieusement, toutes ces petites îles paradisiaques
liées par de beaux lagons m’ont émerveillées.
Cela ressemble à « Petite-Terre » (près
de mon home spot) mais les îles sont beaucoup plus nombreuses.
Les tombants sont très proches de la plage. L’eau
passe ainsi du bleu translucide presque blanc au bleu marine
instantanément !
J’ai aussi adoré la langue de sable entre les
deux îles ! Les couchers de soleil incroyables…Enseignements
Julien
Une chose est sûr, l'océan force le respect,
et comme le dit si bien mon pote Ricardo, « c'est pas
l'homme qui prend la mer...tin tin tin »
Richard
Quand je me retrouve au milieu de la mer sans terre autour,
le petit kiteboarder que je suis reste humble et émerveillé
devant la puissance des éléments (et celle du
port du Havre aussi). J’ai aussi appris ceci : quand
tu fais un trip en bateau, il faut se réveiller en
pleine nuit, pendant que tout le monde dort, si tu veux te
gaver de nutella.
Laurence
J’ai appris que je pouvais survivre en tant que seule
« femme » à bord avec une dizaine d’hommes
(dont la plupart étaient des inconnus) Mais je n’en
ai jamais vraiment douté.
J’ai appris que je pouvais survivre quinze jours, pratiquement
sans eau douce pour me laver, avec pas grand-chose de comestible….
Ce n’était pas gagné d’avance !
Et enfin, j’ai survécu 3 jours en pleine mer,
entièrement trempée, avec du vent de face, des
provisions à l’agonie, un arrêt en pleine
nuit sur l’île de pirate avec des moustiques carnivores.
Oui, j’ai survécu à cette remontée
apocalyptique. Franchement c’était extraordinaire,
je repartirai dès que possible.
Mise
en ligne le 06/03/2006 |